Tarifs hébergement : la situation des boursiers au lycée Saint Louis

Cloud6À plusieurs reprises, lors de nos réunions de parents, nous vous avons alertés sur le changement des tarifs de restauration et d’internat et leurs conséquences pour les élèves boursiers.

L’objectif de cet article est faire le point sur la situation.


Saint Louis était le seul lycée de CPGE d’Ile de France avec un tarif de restauration et d’internat diminué, et significativement, pour la plupart des élèves boursiers (niveau 1-6).

Pour l’année 2013, la Région Ile de France a demandé au lycée de mettre en place un tarif de restauration unique, applicable à tous les élèves, dans le cadre d’une action globale de simplification et d’harmonisation de ces tarifs de restauration en Île de France. Cette mesure a été présentée en Conseil d’Administration en novembre 2012. Elle a eu un double effet :

  • une hausse d’environ 80% des frais de restauration, mais aussi d’internat pour les boursiers 1-6 ;
  • une diminution de 10% des tarifs pour les autres élèves.

La position de l’APE a toujours été de demander le retour à une tarification différenciée et nous avons entrepris plusieurs actions dans ce but, notamment en alertant la direction du lycée et le Conseil régional, puis en lançant une pétition sur notre site.
L’administration du lycée a très vite pris des dispositions pour mobiliser certains fonds du lycée, essentiellement ceux de la caisse de solidarité, afin de compenser en partie le surcoût imposé aux élèves boursiers pour l’année scolaire en cours. Nous avons considéré qu’il s’agissait là d’un palliatif qui n’était pas acceptable pour plusieurs raisons :

  • Compte tenu des sommes en jeu, cette méthode ne permettait pas à court terme —pour l’année 2012-2013— de compenser l’intégralité du surcoût pour tous les boursiers (au mieux cette compensation pouvait être d’environ 20%) ;
  • Pour la même raison, elle ne pourrait pas être reconduite l’an prochain ;
  • Enfin, cela interdisait aussi de mener d’autres actions plus ponctuelles qui entrent dans la vocation première de la caisse de solidarité.

À la suite des échanges répétés et insistants que nous avons eus avec le Conseil régional dès le mois de décembre, celui-ci a pris la décision de voter une subvention complémentaire exceptionnelle afin de compenser en partie le surcoût imposé au élèves boursiers en cours d’année. Le Conseil régional a aussi laissé la liberté au lycée de moduler – pour les internes – les tarifs des nuitées, solution que la direction du lycée n’a pas souhaité mettre en œuvre. Le Conseil régional a aussi proposé au lycée de faire partie, pour la prochaine rentrée, des lycées franciliens qui expérimentent la mise en place d’une tarification au quotient familial pour la demi-pension. Dans la mesure où le Conseil régional n’a pas proposé de système de tarification au quotient familial prenant aussi en compte la situation des internes-externés et celle des internes, cette possibilité de modulation des tarifs est désormais exclue pour la prochaine rentrée scolaire.

Quel bilan peut-on tirer aujourd’hui ?

Au cours du conseil d’administration de mars dernier, la direction du lycée nous a informés que ces deux formes d’aide (caisse de solidarité et subvention de la région) devraient compenser intégralement pour cette année la hausse de tarif imposée aux élèves boursiers. On peut considérer qu’il s’agit là d’un point plutôt positif. Sans la mobilisation des parents – notamment après le lancement de notre pétition qui a poussé les responsables régionaux à reconnaître un « bug » – la subvention de la région aurait probablement été bien plus faible voire inexistante.

Pour les années à venir, aucune solution crédible n’a pu être trouvée. Le lycée affichera désormais une tarification unique indépendante des ressources des élèves. La caisse de solidarité, désormais quasiment asséchée, ne pourra apporter au mieux que quelques aides très ponctuelles et aucune subvention complémentaire de la région n’est acquise, seulement vaguement et verbalement promise. Il est donc probable que les élèves boursiers qui passeront en seconde année subiront donc intégralement la hausse tarifaire décidée cette année, tout comme les nouveaux élèves.

Cette situation remet profondément en cause l’objectif de mixité sociale qui fait pourtant partie intégrante du projet d’établissement du lycée.

La tarification différenciée appliquée aux élèves boursiers avait en effet permis au lycée d’élever le taux d’élèves boursiers à un niveau supérieur à celui de lycées parisiens comparables. Avec la politique volontariste d’accueil des jeunes filles (dont le pourcentage à Saint Louis dépasse de 10 à 15 points celui des classes de CPGE en France ou à Paris), c’est un des éléments qui ont forgé l’identité du lycée. L’APE est déterminée à poursuivre ses actions pour continuer à faire vivre cet objectif de mixité sociale. Il faut avouer cependant que le sentiment qui domine aujourd’hui est que cette détermination ne semble guère partagée par les autres acteurs de l’institution scolaire.

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