Le 20è siècle: vers un lycée dédié aux classes prépas

UN LYCÉE DE PLUS EN PLUS ORIENTE SCIENTIFIQUE ET CLASSES PREPAS

Il a fière allure le lycée Saint-Louis à la Belle-Epoque ! Mais remarquez que la façade n’est toujours pas modifiée. Ce n’est qu’en 1912 que sera effectué le percement de la rue de Vaugirard jusqu’au boulevard Saint-Michel .

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Le lycée en 1900. Source : Paris en images .

façade 1891A comparer avec la façade en 1891. Source : L’ancien Collège d’Harcourt et le lycée Saint Louis, H.L Bouquet.

 

 

 

 

ou bien en 1912:

lycéee_SL_1912

Les élèves connus sont légion au 20ème siècle : le tennisman et polytechnicien Jean Borotra (1898-1994) qui fut avec Lacoste un des champions français du tennis entre 1920 et 1930 ; mais aussi 3 prix Nobel de physique : Louis Néel (1904-200) en 1970; Pierres Gille de Gennes  (1932-2007) en 1991 et George Charpak (1924-2010) en 1992. Ou bien Hubert Curien (1924-2005) directeur du CNRS puis du CNES, père de l’Europe Spatiale et enfin ministre de la recherche ; Antoine de Saint Exupéry (1900-1944) ou encore l’ancien président du Sénat Alain Poher (1909-1996).  Mais aussi Raymond Aubrac (1914-2012), grand résistant ; Yves du Manoir (1904-1928), aviateur et joueur de rugby ; Alain Robbe-Grillet (1922-2008), écrivain, Claude Simon (1913-2005), prix Nobel de littérature 1985 ; René Thom (1923-2002), médaille Fields 1958 ; André Weil (1906-1998), mathématicien, Gustave Choquet (1915-2006), mathématicien et académicien.

Il faut noter que Jules Isaac (1877-1963), jules_isaacgrand professeur d’histoire, co-auteur du célèbre manuel Malet-Isaac, enseigna à Saint-Louis et que Serge Haroche, prix Nobel de Physique 2012 fut « colleur » (interrogateur à l’oral) à Saint-Louis…

Un (mauvais ?) sujet à Saint-Louis…Henry de Monfreid, aventurier et écrivain.

Henry_de_monfreidSource: site officiel H de Monfreid

1900 : un élève du lycée, Henri de Monfreid, se lance dans des escapades sur les toits du lycée. Le coin du bâtiment touche les toits des immeubles qui bordent la rue Monsieur-Le-Prince et cours visiter les toits de pâtés de maison avoisinants. Peu à peu des camarades se joignent à lui et lorgnent sur les petites chambres des derniers étages ou vivent servantes, porteuses de pain « ou même prostituées clandestines » selon Monfreid. Elles ne pensent pas forcément que des voyeurs puissent les regarder par en haut. Et pourtant cela arriva un soir. Une jeune femme nue à sa toilette voit avec effarement une demi-douzaine de têtes de garçons boucher la vitre de sa lucarne. Elle appelle au secours, alerte le quartier. Les potaches s’enfuient, et un quidam tire même un coup de fusil !

Le lendemain, l’enquête conduit inévitablement à Monfreid. En tant qu’instigateur il est d’abord renvoyé. Mais le concours de Centrale est tout proche. La direction du lycée décide donc de le garder jusqu’au concours.

Il rate de peu l’épreuve et s’il est 9ème sur la liste des repêchables, seuls 8 seront pris cette année-là.h de monfreid

Toute la vie de Monfreid se joue sans doute à ce moment-là. Jusqu’alors, à part quelques frasques sans importance, il s’est conduit en étudiant sérieux. De l’avis général, le jeune homme a devant lui une carrière toute tracée dans les grands corps de l’Etat. Or il aime les sciences et les technologies. Ce n’est que lorsque la vieillesse sera venue qu’il prendra conscience qu’il est avant tout écrivain ou peintre. Et même alors il souffrira d’être resté en marge des progrès techniques de son époque.

Son livre le plus célèbre reste Les secrets de la mer rouge.

1912 : la rue de Vaugirard est percée jusqu’au Boulevard Saint Michel. La physionomie actuelle de l’entrée ainsi que de la façade sur la rue de Vaugirard datent de cette période.

Comme pour l’ensemble des grands lycées parisiens, la guerre de 14-18 fut une hécatombe pour le lycée Saint-Louis. Le monument funéraire installé dans le parloir est éloquent à cet égard.

1929 : en juillet, une poignée de parents d’élèves ont décidé de s’impliquer dans « l’étude en commun de tout ce qui concerne l’intérêt général des enfants du Lycée Saint-Louis d’un point de vue moral, pédagogique et matériel ».  C’est le démarrage de l’Association des Parents d’Élèves (A.P.E.) du lycée Saint-Louis.

APE_1La sortie du lycée en 1934  (Source : Paris en images) :

lycée_SL_1934En 1938 : rien n’a beaucoup changé depuis lors…hormis les voitures… (Source : Paris en images)

lycée_SL_1938En 1939-40, la crainte des dangers aériens amène à supprimer l’internat et à éparpiller en province les Centres de Préparation aux Grandes Ecoles. En mai-juin 1940, déserté par ses élèves, le lycée devient temporairement centre d’accueil pour les réfugiés de Belgique et du Nord de la France.

Lors de l’occupation de Paris il sert pendant quelques semaines de caserne à une compagnie de blindés allemands.

En juin 1944 Monsieur Maurice Cavalier, Attaché d’intendance au lycée et son épouse Marguerite, professeur d’anglais au lycée Fénelon, sont arrêtés pour participation à la Résistance puis déportés. Ils étaient membres du réseau d’évasion d’aviateurs alliés SHELBURN. Plaque commémorative

Monsieur Cavalier est mort en camp à Doha le 13 janvier 1945. Son épouse est décédée à une date inconnue, probablement à Ravensbrück. Une plaque du souvenir salue leur mémoire en bas du premier escalier dans le couloir qui part à gauche de la conciergerie.

La libération permet au lycée de voir défilerbillotte sous ses fenêtres la division Leclerc. Un des généraux qui la conduit, le Général Billotte (1906-1992) ancien de Saint-Louis, en passant devant le lycée reconnait sur le trottoir son ancien professeur de « Corniche » (Prépa Saint-Cyr).  Il se précipite pour lui donner l’accolade…

Un monument est élevé dans la cour des sports à la mémoire des anciens du lycée morts pendant la seconde guerre mondiale.

Par ailleurs un jeune homme de 23 ans est tombé devant l’entrée du lycée le 24 août 1944.FFI tombé à la libération

L’A.P.E. a conservé les comptes de tréso_1945l’Association pour l’année 1945. C’est un petit cahier d’écolier à petits carreaux et utilisé jusqu’à l’année scolaire 1973-1974 !

En Septembre 1945, il y avait 10.664,20 francs (de l’époque) sur un livret de caisse d’épargne et 1.344,40 Francs en caisse en début d’année pour finir avec 2.983,40 Francs. Une vrai gestion de bon père de famille…

L’association percevait pour 34.000 Francs de cotisations qu’elle reversait partiellement à une association nationale.

Une adhésion à l’association sanatorium scolaire coutait 500 Francs.

L’A.P.E. organisait une remise de prix qui lui coutait 3.000 Francs et s’abonnait en triple exemplaire à un journal: « L’enseignement » pour la somme de 360 Francs…. Pas de buffet ou autres agapes du genre.

1956 : fondation au aedelycée Saint-Louis de l’Association Européenne des Enseignants, qui se propose de regrouper tous les enseignants désireux de contribuer à la mise en place d’une Union politique de l’Europe à caractère fédéral.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1968 : évidemment les élèves participent au mouvement étudiant…

Source : Paris en images

Il faut dire que les élèves étaient au première loges:

Sources : Michel Baron et Henri Cartier-Bresson

1968 c’est aussi la fin des sonneries. Depuis les élèves ne sont plus troublés par l’égrenage du temps qui passe…

En 1969 : le lycée Saint-Louis ne comporte plus que des classes préparatoires aux grandes Ecoles Scientifiques. La diminution de recrutement de Saint-Cyr et de Navale a conduit à supprimer les « Corniches » et la « Flotte » de Saint-Louis. En revanche Saint-Louis se lance dans la préparation à de nouveaux débouchés : l’Ecole Vétérinaire, les Ecoles d’Agriculture, l’Ecole Supérieure d’Electricité et enfin les Ecoles de commerce.

Depuis que le lycée n’est plus composé que de classes préparatoires, il est plus difficile de suivre le parcours des anciens qui par définition restent peu de temps dans l’établissement.

1980 : 700ème anniversaire de la création du collège d’Harcourt. Publication à compte d’auteur d’un livret sur l’histoire du lycée Saint Louis.

Septembre  1989: 1ère femme proviseur du lycée: Mme Guerin-Pigeret. Elle restera 10 ans à la tête du lycée.

1990: lancement de la réflexion sur la réfection du lycée. Les travaux démarreront à l’automne 1993 pour se finir en…1997. Imaginez 4 ans dans les travaux… ! Mais cela nous vaut d’avoir une cafeteria, des internats et un Centre de Documentation modernes.

Les élèves ne sont plus obligés de nettoyer leur table avant de composer comme c’était le cas dans les années 60. Les « DS » (les devoir avaient lieu dans le réfectoire et il fallait essuyer les tables avec du papier journal pour enlever un peu la graisse qui s’y incrustait…

1990 c’est aussi l’ouverture de l’internat de jeunes filles.

1991, c’est l’ouverture de la classe préparatoire pour les écoles commerciales, option scientifique.

Septembre 1992: première femme présidente de l’A.P.E.: Mme Danièle Gherold.

1992 toujours: dans le bulletin, un article du médecin du lycée sur les maladies sexuellement transmissibles et sur « les grossesses non désirées, non acceptées… » Et oui, comme le dit notre présidente actuelle: « prépa maquée, prépa ratée ».

1999 : Le proviseur, M JC Lafay demande à l’A.P.E. de participer à la bourse aux logements, « afin de venir en aide aux élèves qui n’auraient pas eu la chance d’avoir une place d’interne au lycée. » Un appel aux volontaires est lancé dans le bulletin pour participer à la constitution d’un fichier d’adresses.

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