De Racine à Diderot

 

LE GRAND SIÈCLE : UN COLLÈGE POUR ARISTOCRATES ET GRANDS BOURGEOIS

 

Turbulent face à Henri IV, le collège s’assagit ensuite et ne participera pas à la Fronde.

Le poste de Proviseur est une belle sinécure : élu à vie, outre une double bourse et un logement avec nourriture, il percevait une partie des loyers des maisons appartenant au Collège.

 

Turgot fut censeur au Collège. Il y remit de l’ordre, Turgotles professeurs ayant tendance à écourter leurs cours bien avant les vacances du mois d’août… Il a aussi combattu de toutes ses forces les Jésuites du Collège de Clermont.    Portrait de Turgot. Source: Château de Versailles

 

De 1560 à 1650 environ, le collège est un lieu où sont « créées » (montées pour la première fois) des pièces de théâtre d’auteurs célèbres. Ce sont les élèves, masculins bien sûr, qui  les interprètent. Au sein du répertoire, ont figuré des œuvres de Racine (Polyeucte) et Voltaire, ainsi que des auteurs passés de mode depuis.

Ils ne devaient pas imaginer que 15 siècles auparavant, et sous leurs pieds, devaient se jouer Eschyle, Sophocle ou Aristophane !

 Plan_Mérian_1615Source : Plan de Mérian  – 1615.

détail: Plan_Merian_Détail

Le collège d’Harcourt est reconstruit en 1675 dans un style classique si l’on en juge par les estampes qui nous sont parvenues. La chapelle actuelle date de cette reconstruction et est chapelle_lycée_1891dédiée au protecteur de la France, le héros très chrétien Saint-Louis. Les tableaux en revanche sont du 19ème. Quant aux vitraux contemporains, ils sont signés du peintre Claude Viallat, membre du groupe Supports/Surfaces. Outre des vitraux dans la cathédrale de Nevers, ce dernier a réalisé les vitraux de l’église des Sablons à Aigues-Mortes, d’où Saint-Louis est parti pour la croisade…

La chapelle de l’hôtel d’Harcourt au Moyen-Age vu par un dessinateur du 19è. Source: L’ancien Collège d’Harcourt et le lycée Saint Louis, H.L Bouquet

vitrail_1_saint_louis
vitrail_2_saint_souisVitraux de Claude Viallat. Source : Photos A.P.E.

La chapelle du XVIIème :chapelle_SL

Source : photos A.P.E.

 

 

 

Et ses tableaux du XIXème :

Source : photos A.P.E.

 H.L Bouquet note que la bibliothèque n’était guère gérée et que les catalogues portaient souvent l’inscription « deest », ce qui signifiait « manquant »… et rien n’était fait pour grands_fers_des_reliuresremédier au problème ou remplacer les ouvrages disparus. Les boursiers s’en seraient semble-t-il émus plusieurs fois.  Le « CDI » de l’époque et le Proviseur n’étaient pas très scrupuleux…

Grands fers des reliures de la bibliothèque du collège

 Le collège en 1675

collège_d_harcourt_1675et le passage d’Harcourt dans la rue de la Harpe (futur bd Saint Michel)

passage_rue_de_la_harpeSource pour les deux documents: L’ancien Collège d’Harcourt et le lycée Saint Louis, H.L Bouquet.

Au 54, rue Monsieur-le-Prince, à quelques mètres derrière le lycée Saint-Louis, Blaise Blaise PascalPascal a passé les dernières années de sa (courte) vie et il y a écrit “Les Provinciales” (publié sous un pseudonyme), formées de lettres imaginaires en défense des Jansénistes contre la doctrine des Jésuites.

La plaque Rue Monsieur Le Prince – Source : photo A.P.E.

L’histoire dit qu’une partie de l’ouvrage  Bliase Pascal Portrait(qui provoqua la fureur des Jésuites) fut imprimé sur les presses du Collège grâce à Thomas Fortin, Principal du collège. Anecdote rapportée par Marguerite Périer, nièce de Pascal et pensionnaire de Port-Royal. Le récit parait peu plausible aux historiens qui doutent de la présence de presses dans l’enceinte de l’établissement. Mais … « se non e vero, e bene trovato »… [Si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé].

Thomas Fortin, normand, ancien boursier du collège est successivement nommé principal puis proviseur en 1656. Proche des amis de Port-Royal, opposant tenace des Jésuites, il réussit à éviter les foudres du roi. Farouche défenseur des droit du collège, il  finança sur ses propres deniers de grand travaux dans l’établissment.  Nous lui devons la chapelle actuelle et les portes du Lycée (aujourd’hui dans le parloir). Il sera enterré dans la dite chapelle.

 

Le parloir actuel avec la porte d’entrée d’origine du 17è et la plaque des élèves tués pendant la première guerre mondiale.
Parloir_SL_1Source : photos A.P.E. Parloir_SL_2


Les querelles de préséances sont nombreuses entre les différents corps d’Etat et le Roi est souvent amené à arbitrer. Ainsi en 1712 le Proviseur du Collège arrêta de son manteau le directeur de l’Académie qui allait passer devant lui. Quel scandale ! Le ministre Pontchartrain obligea celle-ci à présenter ses excuses à l’Université et l’incident ne se reproduisit plus. Diantre !

Jusqu’à la Révolution, se succèderont : Montesquieu, Racine, Boileau, puis Charles Perrault, l’abbé Prévost, Diderot, Étienne-Charles de Loménie de Brienne ministre de Louis XVI, Hérault de Séchelles un des principaux rédacteurs de la Déclaration des Droits de l’Homme, le médecin personnel de Napoléon: Jean-Nicolas Corvisart,.

Et puis aussi le prince de Talleyrand-Périgord,…

Ce dernier, interne, a fait parler de lui dès le collège !Talleyrand Revenant un soir de chez sa maitresse, une blanchisseuse de la rue Monsieur-le-Prince (la rue déjà citée), il fit arrêter la voiture de Mirabeau pour monter sur le toit du véhicule, faire le mur et regagner sa chambre…

Portait de Talleyrand par Prud’hon – 1807         Musée Carnavalet

 

 

 

 

 

 

Voici à quoi ressemblait le collège et son quartier au 17è et au 18è :

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Source : Plan de Jouvin de Rochefort  Gallica/BNF- Orienté Nord-Sud  –  1672

détail: détail_jouvin

Plan_de_TurgotSource : Plan dit de Turgot – 1739.

Détail : Détail_Plan_de_TurgotSource : idem

Le collège au 18ème. façade_collège_harcourt
 

Source : Université de Provencecour_college_harcourt

 

 

 

 


 

 

 

 

Source : Université de Provence

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